
Maternité et ambition : peut-on encore vouloir réussir sa carrière ?

Lucile Carlos
Coach thérapeutique · Guernes
La culpabilité, ce bruit de fond que vous connaissez bien
Vous reprenez le travail, et quelque chose se passe en vous. Pas une chose, plusieurs à la fois. La fierté de retrouver vos collègues, l'excitation d'un projet qui vous tient à cœur — et juste derrière, presque automatiquement, une voix qui murmure : « Tu devrais penser à ton enfant. »
Cette tension, de nombreuses mères la vivent. Elle n'est pas un signe de mauvais amour. Elle est souvent le signe d'une pression sociale très ancienne : celle qui dit qu'une « bonne mère » se sacrifie, s'efface, reporte ses ambitions.
« Je culpabilise d'être bien au bureau. Comme si je n'avais pas le droit d'aimer ça. »
Cette phrase, nous l'entendons souvent. Et ce qu'elle révèle, c'est moins un problème de valeurs qu'un conflit entre ce que vous ressentez vraiment et ce que vous pensez devoir ressentir.
Ce que cette culpabilité vous dit — et ce qu'elle ne dit pas
La culpabilité maternelle autour du travail est souvent interprétée comme un signal d'alarme. En réalité, elle peut aussi signaler :
- Que vous tenez profondément à votre enfant
- Que vous avez intégré des injonctions contradictoires (sois présente / sois indépendante)
- Que vous avez besoin d'espace pour penser à vous, et que vous ne vous l'autorisez pas encore
Ce n'est pas une faiblesse. C'est une tension humaine, légitime, que beaucoup traversent en silence.
Ambition et maternité : deux désirs qui peuvent coexister
Il existe une idée très répandue — souvent implicite — selon laquelle vouloir progresser professionnellement après avoir eu un enfant serait un luxe, voire un manque d'amour. Cette idée mérite d'être questionnée.
Votre désir d'accomplissement professionnel ne disparaît pas avec la naissance de votre enfant. Il évolue, se recompose, parfois se renforce. Ce que vous construisez dans votre vie professionnelle fait partie de qui vous êtes — et cela nourrit aussi la relation avec votre enfant.
Un exercice pour démêler ce que vous ressentez vraiment
Voici une pratique simple que vous pouvez essayer dès aujourd'hui, en 10 minutes :
- Installez-vous confortablement, stylo et carnet en main.
- Écrivez en haut de la page : « Ce que je veux vraiment pour ma vie professionnelle, c'est… »
- Écrivez sans vous censurer pendant 5 minutes. Ne relisez pas encore.
- Ensuite, sur une nouvelle page : « Ce que je pense que je devrais vouloir, c'est… »
- Lisez les deux pages. Observez l'écart. Sans jugement.
Cet écart, c'est souvent là que se niche la culpabilité. Non pas parce que vos désirs sont mauvais, mais parce qu'ils entrent en collision avec des représentations héritées — de votre famille, de la société, de votre propre histoire.
Ce que nous observons en accompagnement
Dans notre pratique, nous rencontrons des femmes qui ont mis leurs projets professionnels en pause non pas parce qu'elles le voulaient vraiment, mais parce qu'elles ne se sentaient pas autorisées à faire autrement. Reconnaître cette distinction — ce que je choisis versus ce que je subis — est souvent un premier pas décisif.
Quand consulter ? Reconnaître le moment où l'on a besoin d'un espace pour soi
Il n'y a pas de « bon moment » universel pour chercher un accompagnement. Mais certains signaux méritent attention.
Quelques signes que quelque chose demande à être entendu
- Vous n'arrivez plus à vous réjouir de vos réussites professionnelles sans ressentir aussitôt de la honte
- Vous vous sentez tiraillée en permanence, sans jamais trouver d'équilibre, même temporaire
- Vous avez l'impression de jouer un rôle — soit au bureau, soit à la maison — sans jamais être vraiment vous-même
- Vous évitez de parler de votre ambition, même à vos proches, par peur d'être jugée
- Vous ressentez une fatigue émotionnelle profonde qui va au-delà de la fatigue physique du post-partum
Ces signaux ne sont pas des preuves que quelque chose ne va pas chez vous. Ils indiquent souvent qu'une partie de vous cherche à être entendue — et qu'elle mérite de l'être.
Vouloir réussir et être une mère présente ne sont pas deux chemins opposés. Ce sont deux dimensions d'une même personne.
Ce que nous vous proposons
Nous vous accompagnons, à Guernes et en ligne, dans cet espace entre ce que vous vivez et ce que vous voulez construire. Sans injonction, sans jugement. À votre rythme.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, prendre un premier rendez-vous peut être une façon simple de commencer à vous écouter.



