
Culpabilité de laisser bébé pour reprendre le travail : comment la traverser

Lucile Carlos
Coach thérapeutique · Guernes
Ce que vous ressentez ce matin-là est réel
Vous avez peut-être imaginé ce jour des dizaines de fois. Et pourtant, quand il arrive, rien ne vous y prépare vraiment. La gorge serrée en posant votre enfant dans les bras de la nounou. Les larmes dans le métro. La culpabilité qui s'installe comme une pierre dans la poitrine.
Ce que vous vivez, beaucoup de mères le vivent — en silence, souvent. Et pourtant, ce sentiment mérite d'être regardé en face, pas balayé d'un « ça va aller ».
Ce que la culpabilité révèle
La culpabilité post-partum autour de la reprise n'est pas un signe que vous faites mal les choses. Elle dit souvent quelque chose de très différent :
- Vous êtes profondément attachée à votre enfant — c'est une force, pas une faiblesse.
- Vous avez intériorisé des injonctions contradictoires : être une bonne mère et une femme accomplie professionnellement.
- Votre identité est en train de se reconfigurer — ce qui prend du temps et de l'espace.
« La culpabilité n'est pas la preuve que vous avez tort. C'est souvent la preuve que vous tenez à quelque chose. »
Ce sentiment est aussi alimenté par un contexte social bien réel : les congés parentaux sont courts, les modes de garde parfois difficiles à trouver, et les regards — bienveillants ou non — ne manquent pas. Vous n'inventez pas votre inconfort. Il s'ancre dans quelque chose de concret.
Pourquoi le congé parental intensifie ce vécu
Pendant les semaines ou les mois passés avec votre bébé, votre cerveau et votre corps se sont adaptés à une nouvelle organisation. Vous avez appris à lire ses signaux, à anticiper ses besoins, à être là. Reprendre le travail, c'est interrompre ce rythme-là. Ce n'est pas anodin, et le reconnaître — sans s'y noyer — est déjà un premier pas.
Apprivoiser la culpabilité sans se juger
Il ne s'agit pas de faire disparaître ce sentiment — ce serait illusoire. Il s'agit de lui faire de la place sans le laisser décider à votre place.
Certaines femmes trouvent utile de nommer ce qu'elles ressentent avec précision. Pas « je me sens nulle », mais : « Je ressens de la tristesse de ne pas être là, et en même temps de la fierté de reprendre mon travail. » Les deux peuvent coexister.
Un exercice à essayer dès ce matin
Voici une pratique simple que vous pouvez faire avant de partir au travail, en 3 minutes :
- Asseyez-vous quelques instants, les deux pieds bien à plat sur le sol.
- Posez une main sur votre cœur et l'autre sur votre ventre.
- Inspirez lentement pendant 4 secondes, puis expirez pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
- Dites intérieurement (ou à voix basse) : « Je suis une bonne mère, même quand je ne suis pas là. »
- Prenez 30 secondes pour penser à une chose concrète que votre travail apporte à votre famille ou à vous-même.
Cet exercice ne résout rien en profondeur — mais il peut vous aider à ne pas partir en mode survie, en vous ancrant dans le présent plutôt que dans la peur.
Des repères concrets pour les premières semaines
- Ritualisez les séparations : un geste, un mot, toujours le même. La constance rassure autant votre enfant que vous.
- Évitez de fuir rapidement par culpabilité — les adieux clairs et chaleureux sont souvent plus apaisants que les départs en douce.
- Autorisez-vous à aller bien au travail. Prendre du plaisir à retrouver vos collègues ne signifie pas que vous aimez moins votre enfant.
- Parlez-en — à votre partenaire, à une amie, à quelqu'un qui comprend. La culpabilité s'allège quand elle est partagée.
Quand consulter ?
Si vous vous reconnaissez dans certains de ces signes, il peut être utile d'en parler avec un professionnel :
- La culpabilité est si intense qu'elle vous empêche de fonctionner au quotidien.
- Vous ressentez une tristesse persistante, un sentiment de vide ou d'inadéquation qui ne passe pas.
- Vous avez l'impression d'être tiraillée en permanence entre vos rôles, sans jamais trouver d'équilibre.
- Les pensées négatives sur vous-même reviennent en boucle, malgré vos efforts.
Nous accompagnons les femmes qui traversent cette période de transition — la reprise du travail après un congé parental — dans un espace d'écoute bienveillant et sans jugement. Vous n'avez pas à traverser ça seule.
Si vous souhaitez en parler, nous vous accueillons à Guernes ou à distance, à votre rythme. Un premier échange peut déjà changer beaucoup de choses.



